Publié le : 29/07/2010
UE - Japon : Ça se discute
Les 2 puissances économiques commencent enfin à s’entendre.
Succès
Une fois n’est pas coutume : Au sortir
d’une réunion de diplomates de
l’Union Européenne et du Japon, les
participants ont eu le sentiment du
devoir accompli. Au terme du sommet
Japon-Union Européenne fin avril, le
Premier ministre Yukio Hatoyama et le
président du Conseil Européen Herman
Van Rompuy ont convenu de fonder un
groupe d’étude sur les relations nippo-européennes
en vue d’un accord de libre échange.
Cette avancée remarquable
achevait des semaines de tractations
entre diplomaties et grands patrons, au
premier rang desquels Tadashi Okamura
(Toshiba) côté japonais, et Jean-Yves Le
Gall (Arianespace), côté européen. Les
2 dirigeants s’étaient retrouvés une
semaine plus tôt autour de la rituelle
« table ronde » Japon-Union Européenne,
qui réunit chaque année acteurs
publics et privés souhaitant développer
les échanges entre les 2 puissances
économiques. Jean-Yves Le Gall expliquait
alors : « Nous sommes à un moment
propice où le Japon, toujours opposé à
un accord avec l’Europe, se rend compte
que celle-ci a signé un accord de libre
échange avec la Corée du sud et que la
Chine exerce un pouvoir d’attraction
fort... Le nouveau gouvernement japonais
estime qu’il faut envoyer un signal fort
aux Européens ».
Coup d’accélérateur
Les négociations Japon - Union
Européenne étaient devenues un vain
rituel depuis des années. Les 2 parties
campent obstinément sur leurs positions
respectives, l’une tarifaire, l’autre
non tarifaire. Le Japon exige la levée
des droits de douane sur l’automobile
(10%), l’électronique (14%) et les pièces
détachées (5 à 7%) qui frappent ses exportations vers l’Europe. L’Archipel est
d’autant plus motivé que son principal
concurrent industriel, la Corée du sud,
a signé avec Bruxelles un accord de
libre-échange très ambitieux en octobre
qui a ridiculisé la propre diplomatie
économique japonaise, faite d’accords de
libre échange a minima signés avec des
partenaires commerciaux de second rang
(Singapour, le Mexique...). La diplomatie
européenne quant à elle exige en
préalable à la discussion la suppression de
barrières non tarifaires au Japon, qu’elle
juge abusives : ainsi le bœuf européen
est-il toujours interdit dans l’archipel pour
cause de risque de « vache folle » (alors
que les bœufs européens sont davantage
contrôlés que les bœufs américains, eux
autorisés), refus du ferroviaire européen
pour des raisons de sécurité dictées (et
non rendues publiques !) par l’industrie
japonaise... [...]
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Un article issu de France Japon Eco n°123, une publication de la Chambre de Commerce et d’Industrie française du Japon.
Chambre de commerce et d’industrie française du Japon
Gilles de Lesdain, Rédacteur en chef
Tél : 03-3288-9632 - Fax : 03-3288-9558
@ : g.delesdain@ccifj.or.jp - Site : www.ccifj.or.jp
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