La biotechnologie en Chine

La Chine est en train de devenir une société moyennement développée et la nouvelle génération de la biotechnologie industrielle modifiera considérablement la structure industrielle existante.

Notes sectorielles  | 

Interview de M. HUANG Zhiyong, directeur du département de Science etTechnologie de Tianjin Institute of Industrial Biotechnology

CCIFC : Pouvez-vous nous présenter votre institut ?
Huang Zhiyong : Tianjin Institute of Industrial Biotechnology (http://www.tib.cas.cn/)a été fondé par l'Académie des Sciences de Chine et le gouvernement municipal deTianjin en Mars 2009. Il est situé à Tianjin Airport Economic Aera.

La construction de cet institut a pour objectif de faire de la Chine l’un des leadersmondial dans la biotechnologie industrielle et de répondre aux besoins des industries.L’institut met l’accent sur l'innovation et l'application de la technologie. Nousrenforçons l'exploration et la recherche en biotechnologie industrielle, l’éducation dupersonnel, l'intégration et la transformation de la biotechnologie industrielle, et lapromotion de l'industrie haute technologie, etc.

L’institut dispose actuellement de trois domaines de recherche, comprenant : larecherche de la catalyse biologique des protéines industrielles ; la biosynthèse et lafabrication microbienne ; et les systèmes biologiques et des processus biologiques.Nous cherchons à remplacer progressivement les ressources fossiles nonrenouvelables par des sources biologiques renouvelables, et remplacer les méthodesde transformation traditionnelles et polluantes par des méthodes biologiques propreset efficaces. Ce processus cherche à améliorer le niveau technique de la bio-industrie.Nous recherchons des solutions pour résoudre les problèmes de ressource et lesproblèmes environnementaux liés à l’industrie traditionnelle et l’énergie fossile. Nousavons actuellement 250 chercheurs qui forment trois grandes équipes sous ladirection de 26 responsables.

CCIFC : Pouvez-vous nous présenter le développement actuel de labiotechnologie en Chine ?
Huang Zhiyong : Depuis la publication du «Plan national à long terme sur ledéveloppement stratégique de la science et la technologie», le développement de labiotechnologie industrielle est suivi de très près par le gouvernement chinois.Certaines universités et instituts de recherche nationaux se sont lancés dans larecherche de la génomique microbienne fonctionnelle, de l’ingénierie métabolique etde la biologie synthétique…

La recherche de la biotechnologie dans les universités s'est développée trèsrapidement, par exemple, dans les universités de Jiangnan, Nanjing, Tsinghua etl’université de la Technologie de Chine de l’est. Elles sont très actives dans ledomaine de la biotechnologie industrielle. Les unités de recherche traditionnelles (parexemple : Institut de recherche microbiologique de l'Académie des Sciences de Chine,l’Institut des Sciences Biologiques de Shanghai, l’Institut de Biologie de Chengdu,l’Université de Shandong, Université de Jilin) ne sont plus leaders dans la recherche biologiques. Les spécialités de recherche que l’on retrouve aujourd’hui dans cesuniversités sont toutes dérivées de l'industrie biochimique. Toutefois, le noyau de labiotechnologie moderne - le système de l’opération moléculaire de l’organismeindustrielle – représente juste une infime partie de ces recherches.

L’Académie des Sciences de Chine (ASC) joue un rôle important dans le domaine dela biotechnologie industrielle. Elle a accumulé beaucoup d’expériences dans cedomaine. Elle possède des instituts spécialisés dans les recherches des microbes quiont contribué de façon exceptionnelle à la recherche en microbiologie industrielledepuis 50 ans. Actuellement, trois laboratoires nationaux de microbiologiedéveloppent des études dans la diversité microbienne, la phylogénie, la structure dela communauté et la biologie fondamentale des micro-organismes. Elles sontréalisées sur la base de l’étude systématique, la collecte et la préservation desmicrobes dans différents environnements (y compris les bactéries, les archées et leschampignons) et sur la base de leurs ressources génétiques.

L’Institut biologique de Shanghai a exploité 10 sortes d’enzymes dont principalementles enzymes destinées à l’industrie pharmaceutique.

Fondé en 1973, Le « Taiwan Industrial Technology Research Institute » s’engageprincipalement dans la recherche des technologies applicables, le développementdes produits et la production expérimentée. Grâce à ses recherches, le transfert desrésultats scientifiques et technologiques vers la production industrielle a été possible.

CCIFC : La biotechnologie est plutôt utilisée dans quels secteurs en Chine ?
Huang Zhiyong : L’essentiel de la biotechnologie industrielle est la transformationdes matériaux avec des catalyseurs comme des microbiologies ou des enzymes, et laproduction à grande échelle des produits chimiques, agroalimentaires, médecines,énergiques, matériaux…. Cette nouvelle technologie est un moyen efficace pourrésoudre les problèmes que la société humaine rencontre actuellement. C’est aussiun moyen de protéger efficacement le développement durable de la sociétééconomique.

Ces dernières années, grâce au développement rapide des sciences de la vie et àune large application des différents types de science liée à la biotechnologie,beaucoup de nouvelles découvertes ont été réalisées dans la biotechnologieindustrielle. Pendant ce temps, les sciences de la vie faisant l'objet d'un traitementqualitatif se développent vers la discipline quantitative. Leurs capacités de traitementdes données et des informations à grande échelle ont été renforcées. Cedéveloppement peut rendre possible la conception biologique et la construction desorganismes en utilisant des informations et des composants biologiques. Cedéveloppement fournira beaucoup de moyens de biosynthèse potentiels. Il a créé desopportunités sans précédent pour les productions chimiques en utilisant cesapproches synthétiques.

CCIFC : Quels sont les points forts et les points faibles du développement de la biotechnologie en Chine par rapport au développement international ?
Huang Zhiyong : les avantages du développement de biotechnologie en Chine sontles riches ressources biologiques, le personnel qualifié, et le grand potentiel dumarché de l'industrie biologique. L'état chinois continue d’être préoccupé par ledomaine de la biotechnologie et augmente sans cesse ses efforts d'investissementsdans ce secteur.

Toutefois, le niveau global du développement de la recherche biotechnologiqueindustrielle a encore des grandes lacunes par rapport au niveau international. Ceslacunes sont les suivantes :- les recherches scientifiques et les productions ne sont pas bien liées,- les équipes de recherche de petites tailles rendent des résultats lentement. Leurscompétitivités internationales doivent être augmentés,- la capacité d'intégration des systèmes est insuffisante,- le manque d'innovation,- le manque de plate-forme de marché de la technologie,- la capacité de transformation des résultats de recherche nécessite d’êtrerenforcée.

Par conséquent, il faut apporter des nouvelles ressources, des nouveaux outils et desnouvelles méthodes pour résoudre des problèmes urgents dans le développementdurable de la société chinoise. Pour ce faire, il est nécessaire d’affermir laplanification unifiée, renforcer l'application de l’innovation technologique, consoliderl'intégration de système et des ressources, et exploiter des nouveaux modèles decoopération.

CCIFC : Que pensez-vous des perspectives de l’industrie de la biotechnologiechinoise ?
Huang Zhiyong : Actuellement, la Chine est en train de devenir une société moyennement développée. La nouvelle génération de la biotechnologie industriellemodifiera considérablement la structure industrielle existante.Elle aide l’industrie chimique à se débarrasser des difficultés liées à la forteconsommation d'énergie et de matières ainsi que de la forte pollution. Elle permetégalement d’accélérer l’ajustement de la structure industrielle et d’augmenter lacompétitivité internationale du secteur chimique, des matériaux, de la médecine, del’agroalimentaire, du textile, du papier, de la métallurgie et de l’énergie.

La combinaison de la biotechnologie industrielle et la technologie industrielleexistante, en particulier la technologie industrielle sur la base de fossile, entraîne unnouveau progrès industriel et un nouveau domaine dans le secteur chimique -industrie de la transformation de la biomasse. Par conséquent, l’encouragement dudéveloppement de la biotechnologie est un choix stratégique du gouvernementChinois à l’heure où le développement durable joue un rôle majeur dans l’économie mondiale.

CCIFC : De quels genres de soutiens internationaux la Chine a-t-elle besoindans la bio technologie ?
Huang Zhiyong : L'industrialisation est le sens inévitable du développement de labiotechnologie, mais aussi un maillon faible en Chine.

D'une part, le manque de fonds, l’augmentation des exigences de la technologie, et lacapacité de recherche insuffisante affecte la transformation des résultats desrecherches scientifiques en forces productives. Cela entrave le rythme del'industrialisation de la biotechnologie.

D'autre part, nous espérons pouvoir introduire la technologie de pointe de l'étranger,tout en apprenant le modèle de gestion avancé de la recherche scientifique afin deréduire la distance entre les institutions de recherche et les entreprises et d’accélérerla combinaison de ces deux parties. Nous espérons collaborer avec des entreprisesétrangères de haute technologie. Les moyens de coopération peuvent être lescollaborations de recherche, joint-venture, investissement direct, R&D conjoints,transfert de technologie, ou des autres moyens pour utiliser les résultats de larecherche dans l’industrie.

CCIFC : Le gouvernement chinois, a t-il lancé des politiques pour encouragerles coopérations internationales ?
Huang Zhiyong : La « National Development and Reform Commission », encollaboration avec d'autres départements compétents ont préparé «le 11ème planquinquennal du développement de la bio-industrie». C'est la première fois que laChine prend la bio-industrie comme une industrie stratégique dans le plan del'économie nationale globale. Ce plan demande à la bio-industrie chinoise de saisirles opportunités internationales. Il l’encourage à participer largement à descoopérations technologiques internationales et partager les résultats de l'innovationbiotechnologique.

CCIFC : Quels sont les opportunités de coopération entre des entrepriseschinoises et des entreprises françaises ?
Huang Zhiyong : Dans le domaine de biomédecine, l'industrie pharmaceutiquefrançaise occupe une place importante dans le monde. CNRS en Ile de Franceregroupe 60% des universités et 43% des instituts de recherche en France, soit untotal de plus de 30.000 scientifiques et plus de 8.000 entreprises de hautetechnologies. Ils participent à des recherches et au développement des sciencesdans l'électronique, la biotechnologie, les nouveaux matériaux, la robotique,l’automatisation bureautique et la médecine, etc.

L'entreprise française la plus représentative dans ce domaine est Sanofi – Aventis, qui a fusionnée en 2004. Elle se place au 3eme rang mondial des entreprises pharmaceutiques, et au premier rang en Europe. Elle est présente dans plus de 100pays à travers le monde et compte aujourd'hui près de 11.000 scientifiques etchercheurs ainsi 100.000 employés répartis dans plus de 20 centres de recherche etde développement sur trois continents. Sanofi - Aventis Groupe s'appuie sur sescentres de R & D de renommés international pour développer des traitementsnovateurs. Elle est leader dans les 7 domaines thérapeutiques majeurs commemaladie cardiovasculaire, thrombose, oncologie, diabète, système nerveux central,médecine interne et vaccin. Les médicaments de Sanofi – Aventis sont mondialementreconnus dans le traitement de la thrombose, maladie cardiovasculaire, trouble dusommeil, épilepsie, diabète et cancer, etc.

En termes d'incubateur biotechnologie, l'incubateur biotechnologie de Paris estfabriqué par l’Université de Paris V, INSERM, Cochin Centre Hospitalier Université(CHU) et I'ESSEC. Il est un des bio-incubateurs les plus connus dans le monde.Ces deux domaines sont potentiellement intéressants pour les coopérations entre lesentreprises françaises et chinoises.

CCIFC : Pouvez-vous donner des conseils pour des entreprises françaises quisouhaitent entrer dans le marché chinois ?
Huang Zhiyong : Nous souhaitons attirer les ressources humaines, les capitaux, lestechnologies avancées et les nouveaux modèles de production. Nous encourageonsdes grands projets de coopération internationaux, comme par exemple la création desinstitutions de recherche conjointe et la mise en place d’une plateforme internationalepour la biologique de pointe. Notre objectif est l’augmentation de la capacitéd’utilisation des sources biologiques internationales.

Nos conseils : les entreprises françaises qui entrent dans le marché chinois doiventrespecter les réglementations juridiques en Chine, y compris la loi de la sécuritébiologique et la loi de la propriété intellectuelle. Les deux parties doivent faire desefforts pour créer un environnement de coopération amicale et conviviale et profiterdes avantages mutuels.

Propos recueillis par Justine Liu - CCIFC

Chambre de Commerce et d’Industrie Française en Chine (CCIFC)
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