Publié le : 29/06/2010
Maroc - Consommation : vers une distribution moderne
Le commerce intérieur occupe une place prépondérante dans le tissu socio-économique national avec une valeur ajoutée annuelle estimée à 63 milliards de dirhams, soit environ 11 % du PIB, et 1,2 million d’emplois, soit 12,8 % de la population active marocaine.
Toutefois, en dépit de ces chiffres, le secteur connaît plusieurs faiblesses : nombre important de commerçants ambulants et saisonniers, problèmes de logistique, de distribution, multiplication des intermédiaires, qualité des produits, défaillance de la qualité des services, faible compétitivité, etc. Partant, il est appelé à se restructurer et à se moderniser afin d’accompagner les grandes mutations socio-économiques du pays. C’est dans cette optique qu’a été élaboré, en 2007, le Plan Rawaj Vision 2020, visant le développement du commerce intérieur et de la distribution. Se basant sur les meilleurs benchmark internationaux - France, Italie, Grèce, Emirats Arabes Unis et la Turquie - ce plan énonce les actions concrètes en terme de politique de développement, de restructuration et de modernisation du commerce et de la distribution. Il se focalise sur 3 acteurs commerciaux : le commerce indépendant, la grande et moyenne distribution moderne et les espaces publics marchands sous la responsabilité des communes (marchés de gros, abattoirs, halles de poissons). La réussite du plan dépend énormément du renforcement et de l’intégration entre les différentes branches du secteur.
Fonds spécial de 200 millions de dirhams
Pour y arriver, des plans d’actions
transversaux et sectoriels spécifiques ont été identifiés. Les premiers visent,
d’une part, à renforcer l’attractivité
de l’offre commerciale grâce à une
meilleure organisation du jeu des acteurs
et à une adaptation de l’offre
d’accueil par rapport aux attentes
des opérateurs, et, d’autre part, à
améliorer l’environnement des opérateurs
du commerce par le biais de
diverses mesures (fiscale, immobilier
commercial, formation, procédure
administrative, santé et sécurité du
consommateur, sécurité alimentaire,
etc.).
Les seconds plans sont spécifiques à
chacun des grands composants du
commerce intérieur. Pour le commerce
de proximité, qui comptait
en 2006 quelques 850 000 points
de ventes dont 40 % exerçant sous
formes ambulante, occasionnelle ou
saisonnière, le plan prévoit la réorganisation
de ses structures (spécialisation
et regroupement en réseau des
petits commerçants), la modernisation
de ses modes de gestion et une
meilleure protection des commerçants
indépendants face notamment
au développement des centres commerciaux
modernes. Pour améliorer
sa compétitivité, il est aussi prévu
l’adoption d’un système de labellisation
des commerces permettant
d’authentifier la qualité des services
et produits offerts. Afin de mieux
soutenir ce segment et faire adhérer
les commerçants à ce plan, le Gouvernement
programme la mise en place
d’un fonds spécial de 200 MDh d’aide
au développement du commerce
pour soutenir les marchands. Ce
fonds vise à soutenir
les projets initiés par
les collectivités locales
dans le but d’organiser
et de moderniser
des espaces commerciaux,
de sédentariser
les commerçants ambulants,
de réhabiliter
les souks et les marchés
ruraux. Avec cette
stratégie, le nombre
de magasins devrait
atteindre 980 000 à l’horizon 2020.
Il est également prévu la création
d’une couverture santé « Inaya » au
profit des petits commerçants et des
professionnels.
15 % du PIB en 2020
Pour les centres commerciaux modernes,
leur nombre devrait passer
de 50 en 2006 à 600 en 2020, dont
50 hypermarchés, employant près
de 90 000 salariés pour un volume
d’affaires de 26 milliards de dirhams.
Il est programmé aussi la création
de 15 malls devant abriter quelques
3 000 magasins franchisés et de
commerces modernes créant plus de
21 000 emplois.
Et concernant les espaces publics
marchands (marchés de gros de
fruits et légumes, abattoirs et halls
de poissons), il est
prévu de ramener le
nombre de marchés
de gros de 42 actuellement
à seulement
16 en 2020, soit une
par région pour des
transactions devant
passer de 5,3 à 33 milliards
de dirhams sur
la période. Outre la
suppression de l’obligation
de passage par
les marchés de gros, il est aussi prévu
l’implication du privé dans la gestion
de ces marchés.
Afin de faciliter l’application de ces
plans, des contrats programmes
sont également prévus avec les différents
acteurs du secteur.
Enfin, le plan Rawaj Vision 2020 vise
comme objectifs : le triplement du
PIB actuel du commerce intérieur et
porter sa contribution à hauteur de
15 % du PIB, contre 11 % en 2006, et la
création 450 000 de nouveaux emplois
dans le secteur. [...]
Dossier composé de plusieurs articles :
Consommation :
vers une distribution moderne
Vers une réforme des marchés de
gros
Interview du ministre Ahmed
Chami
Le boom du crédit à la consommation
Interview de Hassan Bennis, Viceprésident
du Groupe Yatout
Consommateurs, comment les
protéger ?
Interview de Mustapha El Khayat,
président de l’Association Marocaine
de Logistique (AMLOG)
Interview de Zouhaïr Bennani, président
du groupe Best Financière
Télécharger le dossier complet :
Un dossier issu du magazine Conjoncture n°916,
Juin 2010
Une publication de la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc.
Chambre française de Commerce et d’Industrie du Maroc
Tél : +212 522 209 090 - Fax : +212 522 200 130
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