Publié le : 25/02/2010
La Suisse, l’UE et la gouvernance fiscale : une page d’histoire se tourne
Lorsqu’au printemps 2009
le G-20, appuyé par l’OCDE,
a contraint la Suisse et une
multitude d’autres pays à
adopter des règles de transparence
plus affûtées, une étape nouvelle
s’est ouverte.
L’inclusion de la Suisse
dans une liste de paradis fiscaux a
choqué : les raisons et surtout les faits
ne le justifiaient nullement. Maigre
consolation, des Etats membres,
comme la Belgique, le Luxembourg
et l’Autriche en faisaient également
partie. La Suisse, sans précipitation,
a satisfait aux conditions imposées
pour se voir sortir de ladite liste. Elle
a ainsi aménagé une quinzaine de ses
conventions de double imposition et
essentiellement adopté les mécanismes
d’entraide et de coopération en
matière fiscale. Dit simplement, la
Suisse a repris, à son compte, un
standard de transparence fiscale
plus élevé, exigé par les Etats les plus
influents, mais pas nécessairement les
mieux disciplinés en matière d’échange
d’information fiscale.
A cette occasion, on a répété que
la règlementation suisse relative à
la protection de la sphère privée du
client, à savoir le secret bancaire, avait
matériellement régressé, et que, dès
lors, l’attractivité de la place financière
suisse allait inexorablement souffrir.
Les voeux politiques malveillants, les
interventions des places financières
étrangères ont fait le reste. On a dit
la place financière suisse en danger.
La réalité des faits, la signification
des nouvelles règles ne corroborent
pas de telles affirmations, servies par
des commentateurs, des hommes
politiques s’exprimant à l’emportepièce.
Cependant, une autre dimension
a été ignorée dans cette tornade
de mots, à savoir ce que fait et fera
l’Union européenne dans un débat
international qui couvrira aussi bien
l’Europe que les pays émergents, sans
compter les Etats-Unis.
Le vrai débat concerne, en effet,
la manière dont l’UE et ses Etats
décideront de reprendre à leur compte
les normes, presqu’universelles, qui
sous-tendent cette quête vers la
transparence fiscale, tant au niveau
des individus que des sociétés. Le vrai
et seul régulateur, en mesure d’imposer
des règles contraignantes, est l’UE, et
au-delà, ses Etats membres, tenus de
transposer ces règles.
Pour l’instant et en tout état de cause
en 2010, le front fiscal Suisse-UE, est
fait de plusieurs dossiers, tous liés, et
qui devront être résolus, soit selon leur
propre rythme, soit, plus logiquement,
dans le cadre d’un paquet. Il s’agit de
la controverse entre l’UE et la Suisse
concernant la fiscalité de certains
cantons, le réexamen de l’accord dont
la notoriété a été exagérée, celui relatif
à la fiscalité de l’épargne. Ensuite, à
l’arrière-plan, les demandes de l’UE
qui aimerait que la Suisse conclue un
accord sur la fraude, accompagné
d’un accord, séparé, sur la bonne
gouvernance fiscale. Agenda lourd,
dont l’épicentre repose sur une
amélioration des règles concernant
une visibilité plus grande de l’échange
d’information fiscale. [...]
Jean Russotto, Steptoe & Jonhson LLP
Lire l’article complet :
Un article issu de Aspects - Décembre 2009, une publication de la Chambre France-Suisse pour le Commerce et l’Industrie.
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