Publié le : 28/06/2010
Fiscalité des PME au Maroc : quel accompagnement et quelles incitations ?
A l’image de nombreux autres pays, les PME sont un élément incontournable du paysage économique marocain. Instruments essentiels du développement et du dynamisme d’une économie, ces entreprises représentent une force importante mais morcelée.
Bien qu’elles représentent plus de
50 % des salariés et 95 % des entreprises
dans le royaume, les PME ne
forment pas un ensemble homogène
ou unifié. Ce morcellement induit des
difficultés diverses au rang desquelles
on peut compter le financement de
leur développement, des problématiques
de productivité et de fonctionnement
au quotidien. Ces obstacles
sont renforcés par le contexte économique
global plutôt défavorable. A
cela, il convient d’ajouter un environnement
réglementaire qui ne s’avère
pas particulièrement favorable à l’esprit
d’entreprise.
La fiscalité des entreprises au Maroc
n’est pas pour autant un élément
négligeable. De ce point de vue, les
PME ont une place plus relative, qui
démontre si besoin était encore leur
morcellement et leurs carences en
termes de développement et de productivité.
Ainsi, elles ne représentent
que 20% des recettes de l’impôt sur
les sociétés et 30% des recettes de
l’impôt sur le revenu, selon le régime
fiscal qui leur est applicable.
Ces chiffres tendraient à prouver que
la fiscalité n’est pas une entrave au
développement de PME performantes
et conquérantes, sur les marchés
nationaux et internationaux. Cette
tendance, si elle reste à nuancer, est
confortée par les priorités de l’administration
et du gouvernement, ainsi
qu’il ressort des deux dernières lois de
finances. Les dispositions fiscales forment
un cadre d’accompagnement et
d’incitations à divers moments de la
vie de l’entreprise.
Exonérations de durées variables
A l’occasion du démarrage de l’entreprise,
tout d’abord, plusieurs mesures
existent afin de favoriser l’éclosion
d’entreprises durables. On peut citer
des exonérations de durées variables,
concernant la cotisation minimale
pour les 36 premiers mois de l’activité
de l’entreprise, concernant la taxe
professionnelle pour les cinq premiers
exercices (et une imposition à
taux réduit ensuite, cette taxe étant
en outre assimilée à une charge déductible),
concernant la TVA sur les
biens d’équipements au cours des
deux premières années de l’activité
de l’entreprise.
Ajoutons également, en matière
d’imposition du résultat, l’existence
de plusieurs régimes possibles. Ainsi,
les contribuables peuvent, sous
conditions de chiffre d’affaires notamment,
opter pour l’imposition sur
la base d’un chiffre d’affaires forfaitaire
ou d’une comptabilité simplifiée
(et donc moins contraignante pour le
contribuable). De plus, le barème de
l’IR a connu une évolution à la baisse,
exonérant les contribuables dont le
bénéfice net n’excède pas 30 000 dh
par an. Au-delà et à titre d’exemple,
un bénéfice annuel de 120 000 dh
n’est soumis qu’à un taux réel de
19,66 % au lieu du taux facial de
34 %, et un bénéfice de
200 000 dh n’est imposé
qu’à un taux réel
de 25,8 % au lieu d’un
taux facial de 38 %.
De même, en matière
de TVA, les petites
entreprises exerçant
dans la fabrication de
marchandises ou la
prestation de services
s’en trouvent exonérées
dès lors qu’elles ne franchissent
pas un seuil de chiffre d’affaires annuel
porté à 500 000 dh après avoir
été fixé à 180 000 dh. Pour leur part,
les commerçants détaillants ne sont
pas assujettis à la TVA dès lors que
leur chiffre d’affaires n’excède pas
2 000 000 dh.
Régimes spéciaux
Du point de vue de l’impôt sur le résultat
de l’entreprise, l’impôt sur le
revenu ou l’impôt sur les sociétés,
des aménagements sont prévus en
matière de taux d’imposition dans le
cadre de régimes spéciaux. A cet effet,
on peut citer l’exonération
quinquennale
pour les entreprises exportatrices,
hôtelières,
artisanales, ou celles
s’implantant dans des
régions ou provinces
dont le développement
est particulièrement
recherché. Certes, des
conditions supplémentaires
sont parfois requises,
mais le principe est là.
Au-delà de ces régimes spéciaux, les
taux ont fait l’objet de réductions,
l’impôt sur les sociétés ayant vu son
taux passer de 35 % à 30 % et l’impôt
sur le revenu ayant vu son taux maximum
descendre de 44 % à 38 %, pour
les revenus dépassant les 180 000 dh. [...]
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Un article issu du magazine Conjoncture n°916,
Juin 2010
Une publication de la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc.
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