Publié le : 01/07/2010
Energies Renouvelables - Le nouveau défi de l’Egypte
Selon les spécialistes, Égypte bénéficie de conditions géo-climatiques exceptionnelles pour la production d’énergies renouvelables. Un marché presque vierge... qui présente un large potentiel de développement.
Historiquement pays producteur de gaz et de pétrole,
l’Egypte s’est longtemps reposée sur ses formidables
gisements d’énergies fossiles. Classée septième
pays producteur de gaz au monde et dotée d’une industrie
pétrochimique particulièrement dynamique (avec des
exportations dans près de 40 pays*), elle pourrait s’en tenir à
ces acquis ... et faire abstraction des prévisions inquiétantes
selon lesquelles les gisements de gaz devraient arriver à
extinction dans une soixantaine d’années.
De par sa démographie galopante et son industrialisation,
l’Égypte a vu considérablement s’accroître sa consommation
en électricité si bien qu’elle est aujourd’hui l’un des pays dont
les émissions de gaz à effet de serre augmentent le plus
rapidement au monde. Face à ce double constat alarmant,
l’urgence est donc pour l’Egypte de rendre son secteur
industriel davantage éco-énergétique. Mais, parallèlement,
l’énergie, traditionnelle clé du développement économique,
est également pour le pays un important pourvoyeur
de devises. Aussi, le gouvernement a-t-il annoncé qu’il
envisageait de produire 20 % de son énergie à partir de
sources renouvelables (contre 1% actuellement) à l’horizon
2020.
Un défi ? Incontestablement. Une utopie ? Pas tant
que çà… Tout concourt en vérité à faire de ce pays un
champion des énergies renouvelables : le taux exceptionnel
d’ensoleillement (avec un rayonnement moyen de 6,5 kWh/
m²/j), les vents forts dans les Golfes de Suez et d’Aqaba
(avec un potentiel éolien de plus de 20 000 MW) et enfin
l’immensité des terres disponibles pour les cultures destinées
au biocarburant.
De ces trois types de production énergétique, le secteur
éolien est le plus avancé : d’ores et déjà, l’Egypte est le vingtet-
unième producteur d’énergie éolienne au monde et le
premier producteur en Afrique et au Moyen-Orient. A terme,
des 20% attendus de production d’énergies renouvelables,
12% seraient constitués par l’éolien, avec pour ambition
avouée d’atteindre une capacité de production éolienne de
7200 MW. L’énergie solaire, en revanche, en est encore à
ses balbutiements en Egypte, avec quelques projets pilotes,
même si son coût de production devrait sensiblement
baisser dans les années à venir. Quant à la production de
biocarburants, outre l’abondance de terres et son climat,
l’Egypte dispose d’un atout de choix avec sa main d’oeuvre
à faible coût. Les biocarburants et la biomasse devraient
d’ailleurs être les sources d’énergie renouvelables les plus
génératrices d’emplois.
Tout ceci ne serait rien sans une véritable volonté politique.
Conscient de ses avantages, le gouvernement égyptien
encourage les investissements dans le secteur encore
relativement inexploité des énergies renouvelables et initie
des programmes de réformes favorables aux investisseurs
privés, tant nationaux qu’internationaux. Ainsi, le « New
Renewable Energy Act » édicté en 2008, qui avait mis en
place un cadre légal favorisant ces investissements, sera
bientôt suivi d’une nouvelle loi qui doit être examinée par le
Parlement égyptien cette année. De plus, l’Egypte bénéficie
désormais, au même titre que quatre autres pays de la
région MENA, du nouveau Fonds pour les Technologies
Propres (CTF), géré par la Banque Mondiale en partenariat
avec d’autres banques multilatérales de développement.
Ce n’est donc pas un hasard si Le Caire était l’hôte choisie
pour la seconde Conférence Annuelle sur l’Energie Solaire
Afrique du Nord - Moyen-Orient (« MENASOL 2010 »)** qui
s’est tenue les 4 et 5 mai derniers.
Néanmoins, des obstacles demeurent pour l’essor de ces écoénergies
en Egypte, notamment en termes d’infrastructures,
qui peuvent être surmontés. C’est pourquoi le gouvernement
envisage d’allouer une partie du CTF au financement d’un
système de transmission de haute capacité reliant les futures
fermes éoliennes.
Toutes les conditions pourraient donc être réunies à moyen
terme pour que l’Egypte devienne l’eldorado des énergies
renouvelables. Et, au-delà de ses frontières, c’est toute la
région MENA qui doit négocier ce virage stratégique qui fera
d’elle un fournisseur majeur d’énergie verte à l’échelle de la
planète. « L’ANTENNE » vous invite à lire les témoignages
des principaux acteurs institutionnels et privés d’un secteur
à l’avenir prometteur.
Télécharger le dossier complet dédié aux énergies renouvelables :
Cet article est issu du magazine l’Antenne, publication de la Chambre de Commerce Française en Egypte
Chambre de Commerce Française en Egypte
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