République tchèque - Des nouveautés dans les technologies intelligentes pour le transport et les villes encore plus « smarts »

Se déplacer entre Prague et Brno en 15 minutes, une voiture qui se gare toute seule, une route qui produit de l’électricité ou un réseau européen des trains de grande vitesse. Ceci peut paraître comme un roman fantastique de Jules Verne, mais ces technologies et bien d’autres existent déjà. Il suffit qu’il y a un investisseur pour qu’elles se fassent connaître du large public.

Economie  |   | Linda Salajková

Se déplacer entre Prague et Brno en 15 minutes, une voiture qui se gare toute seule, une route qui produit de l’électricité ou un réseau européen des trains de grande vitesse. Ceci peut paraître comme un roman fantastique de Jules Verne, mais ces technologies et bien d’autres existent déjà. Il suffit qu’il y a un investisseur pour qu’elles se fassent connaître du large public.

Une bonne partie des développeurs est motivé par la vision du profit, mais de plus en plus souvent, c’est également la volonté de créer des technologies, qui pourraient rendre la vie dans les villes plus facile, plus agréable et être plus respectueuses de l’environnement. Le secteur automobile a connu dernièrement un énorme choc, quand le PDG de Škoda Auto Bernhard Maier a déclaré, que d’ici 2025 un quart de la production de Škoda vont être des voitures électriques. Les écologues sont ravis, mais l’industrie tchèque reposante sur la sous-traitance des pièces pour l’industrie automobile, pourrait faire face à une diminution de commandes de 25%. Selon les chiffres récemment publiés par AutoSAP, l’industrie automobile tchèque emploie directement 150 000 personnes, ce qui constitue 3% de la population active. Le secteur contribue au PIB par 9%.

La production de véhicules électriques exige moins de travail des personnes que la production de voitures classiques. De surcroît, les fabricants des pièces pour les moteurs à combustion vont avoir moins de travail. Leurs potentiellement anciens employés pourraient exploiter leurs talents dans des entreprises orientées vers les technologies du futur.

Des nouveaux talents sont actuellement recherchés par exemple pour le centre de recherche de l’entreprise technologique française Valeo, à Hostivař. Grâce à leurs technologies, des voitures sans chauffeur ont parcouru un trajet test de 4000 km à travers l’Europe, une voiture peut se garer toute seule à l’aide de 12 capteurs sensibles placés sur les pare-chocs et sur les côtés du véhicule. En cas du risque de collision avec un autre véhicule ou un piéton, leur voiture prévient le chauffeur et s’il ne réagit pas, elle freine toute seule. En 2016, Valeo a généré une hausse de 14 % du chiffre d’affaires, qui a atteint 16,5 milliards d’euros, un milliard était le bénéfice net. Selon le chef d’entreprise Jacques Aschenbroich, ceci est possible car ils sont enthousiastes et ils proposent les technologies toujours comme les premiers. Pour que l’entreprise se procure des employés pour le R&D, elle a lancé une 4e édition du concours international « Valeo Innovation Challenge » dans lequel les étudiants en coopération avec leurs professeurs doivent proposer des innovations contribuant à la viabilité de l’industrie automobile, où les critères principales sont l’économie, l’écologie et un fonctionnement intuitif.

Un autre nouveau projet dans le domaine du transport est le déplacement de passagers dans une capsule à grande vitesse, connue sous le nom de Hyperloop. Le système basé sur le principe de sustentation magnétique a été suggéré par le milliardaire Elon Musk déjà en 2013. Les gens devraient voyager dans une capsule à l’intérieur du tube rempli de vide à une vitesse de 1200 km/h. Ainsi, on pourrait théoriquement arriver de Prague à Brno en 10 minutes. Le départ et le freinage ne devraient pas ralentir le système, car Hyperloop accélère de 0 à 100 km/h en 1,1 seconde. L’entrepreneur allemand Dirk Ahlborn a fondé un projet à financement participatif Hyperloop Transportation Technologies (HTT) et signe des accords avec des villes à travers le monde. En Tchéquie, il est content de sa coopération avec Brno. « Notre capacité à tirer profit des talent nous a ouvrent de nombreuses portes à Brno ou à Toulouse. Les ingénieurs et savants en Europe sont parmi les meilleurs et nous allons avoir le plaisir de collaborer avec eux. »

D’autre part, hyperloop est également critiqué, par exemple le fondateur de CEDOP (Centre pour le transport efficace) Petr Šlégr est persuadé que ce projet est irréaliste. Le souci principal est la sécurité, un accident suite à une perte de pression dans le tube serait catastrophique. « La capacité des capsules ainsi que les espacements sont problématiques. De surcroît son système n’est pas de tout compatible avec le reste du réseau. » Un chapitre à part est le prix de ce moyen de transport.

Les nouvelles technologies sont toujours coûteuses et les lancements n’ont pas obligatoirement un succès commercial. Tesla Motors peut témoigner d’une telle expérience – en 2016, elle a perdu 675 millions même avec 7 milliards de dollars de recettes, qui ont augmenté de 73% par rapport aux recettes de 2015. Le remède pourrait avoir la forme du début de vente du nouveau modèle Tesla 3 au cours de cette année. D’autre part, des voiture traditionnelles perdent dans les statistiques sur la génération Y. Les jeunes d’aujourd’hui ne passent plus leur permis à 18 ans, mais plutôt à 25 ans. Et vu qu’ils n’ont pas les moyens de s’acheter une nouvelle voiture qui serait écologique, ils préfèrent ne pas en acheter pas de tout.

Routes et chemins de fer modernes

Les nouvelles technologies ont un impact non seulement sur les moyens de transport, mais aussi sur l’infrastructure, que ce soit des routes intelligentes ou des chemins de fer à grande vitesse. Après 5 ans de recherche, la société de construction française Colas a présenté en 2015 Wattways, des panneaux solaires en silicium polycristallin, épais de 7 mm, qui peuvent couvrir la surface de la route et ainsi produire l’énergie électrique. Les panneaux photovoltaïques fragiles ont protégés par plusieurs couches de substrat, ce qui permet même la circulation des poids lourds sur la route. La construction de la première route solaire au monde, qui se trouve en Normandie, a été inaugurée par la ministre de l’environnement française Ségolène Royal, qui est une grande promotrice de cette technologie. L’électricité produite par la route ne peut être utilisé que localement, par exemple pour l’éclairage urbain, les feux ou dans des villes à proximité. Dans le futur, la route pourrait charger des véhicules électriques lors de leur passage. Un kilomètre de route peut alimenter l’éclairage public d’une ville de 5000 habitants. Mais ce premier kilomètre a coûté 5 millions euros. Comparé à cette somme, même les routes tchèques connues pour leur prix élevé deviennent bon marché.

Le chemin de fer hippomobile entre Budweis (České Budějovice) et Linz a pu bien être le 2ème chemin de fer au monde, mais les experts des lignes de grande vitesse sont aujourd’hui les Français. Sur le bord de l’Atlantique, une telle ligne est sur le point d’être ouverte. Elle permettra de franchir la distance de 500 km qui sépare Paris de Bordeaux en 2 heures et 4 minutes. Historiquement le plus grand projet PPP en Europe est dirigé par plusieurs entreprises, la construction du chemin en lui-même est assuré par le groupe VINCI Construction et Eurovia. La ligne appelée Sud Europe Atlantique devrait être solennellement ouverte avec le début des vacances d’été, le 2 juillet 2017.

La République tchèque est toujours en attente de sa ligne de grande vitesse. Mais comme les élections parlementaires approchent, ce sujet devient politiquement important et souvent mentionné. Il est donc possible que les Tchèques vont commencer à rattraper leur retard de 30 ans. Il y a 40 ans, des premiers projets de train à grande vitesse ont déjà apparu en Tchécoslovaquie d’époque et ces mêmes trains parcourent la ligne entre Paris et Lyon depuis 30 ans. En Tchéquie, le chemin de fer a été construit économiquement avec une petite inclinaison des rails pour permettre aux trains à vapeur faibles de transporter le charbon. Ainsi chaque petite colline est contournée et les rails sont en moyenne de 30% plus longs que les routes. A l’heure actuelle, il serait donc plus pratique de construire de nouvelles lignes entre les villes que de reconstruire des lignes actuelles, sur lesquelles de toute façon on ne pourra pas rouler beaucoup plus rapidement. Fin janvier, les experts du Ministère des transports tchèque ont finalisé un premier projet sérieux, d’après lequel les premiers passagers pourraient monter à bord du train à grande vitesse entre Prague et Dresde en 2035. 

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