Pour un renforcement des investissements français au Cambodge

Il faut que les entreprises françaises abordent les perspectives cambodgiennes sous un angle différent et considèrent le Cambodge comme un tremplin dans le marché ASEAN.

Opinion  | 

Son excellence SUN Chanthol, ministre du Commerce du Cambodge a accompagné la délégation d’exportateurs de riz cambodgiens lors du SIAL à Paris en octobre dernier. Il a également participé à la conférence que nous organisions conjointement avec le MEDEF, « Cambodge, un territoire d’opportunités », ainsi qu’au dîner de promotion du riz que nous avons mis sur pied avec le soutien de l’AFD et du groupe Thalias. Le Ministre aura profité de son séjour pour également rencontrer le secrétaire d’État au commerce extérieur Matthias FEKL, qui devrait se rendre à son tour au Cambodge en 2015. Nous l’avons interviewé à Paris.

Vous avez tenu à participer à la mission de promotion du riz pendant le SIAL. Pourquoi est-ce important pour vous de soutenir de telles actions ?

C’est toujours un plaisir et surtout mon devoir en tant que ministre du Commerce de promouvoir les produits cambodgiens et de chercher de nouveaux marchés attractifs, aux conditions préférentielles, où que ce soit et à tout moment.

J’ai eu beaucoup de plaisir en décembre 2013 à « jouer » les cuisiniers au Malis avec le ministre du Tourisme Thong Khon lors d’une opération de promotion du riz co-organisée par le groupe Thalias et l’ARPEC (avant que le CRF n’existe). Aussi, j’ai renouvelé l’expérience ici au SIAL sans mon collègue le ministre Thong Khon, pour mettre en avant le riz cambodgien auprès des visiteurs et surtout des professionnels et acheteurs potentiels. La France est le premier pays importateur de riz jasmin depuis 2013, il était donc temps qu’une délégation d’exportateurs cambodgiens se déplace pour cet événement majeur qu’est le SIAL et j’ai été très honoré de participer à cette opération de promotion du riz organisée conjointement par l’IFC, l’AFD, la CCFC et le MEDEF, dans un but commun d’aider l’industrie cambodgienne du riz. Je les remercie donc beaucoup pour cette démarche.

Vous avez visité le SIAL Paris, qui est le plus grand salon professionnel de l’agroalimentaire au monde. L’IFC y avait un stand qui abrite 17 exportateurs de riz cambodgien. Qu’en avez-vous pensé et que souhaitez-vous pour la prochaine édition ?

Le SIAL avec l’ANUGA est en effet le plus important salon au monde concernant l’agroalimentaire et je suis très heureux d’y avoir été et reçu pour la première fois. L’IFC a partiellement sponsorisé le stand commun de la délégation d’exportateurs cambodgiens. Mon souhait et objectif pour le prochain SIAL 2016 serait d’avoir un pavillon national cambodgien comme les pays voisins en ont, afin de promouvoir l’ensemble de nos produits. Cela demande une coordination et organisation interministérielle ainsi que des ressources communes. Par ailleurs un tel projet est aussi une affaire financière, et nous avons besoin de voir si nous pouvons réunir les fonds nécessaires par nous S.E Sun Chanthol, ministre du Commercedu Cambodge même (gouvernement) et rechercher des soutiens externes en temps voulu.

Pendant la conférence à laquelle vous avez participé au MEDEF, vous avez présenté votre politique pro-investissement afin d’attirer des entreprises et des investisseurs français qui sont assez peu nombreux au Cambodge. D’après vous, pourquoi les français sont si frileux à investir au Cambodge ? Que voudriez-vous leur dire ?

En effet, j’ai évoqué le fait que nous n’avions sans doute pas assez fait pour attirer les IDE français au Cambodge et que cela était très regrettable étant donné les liens tant historiques que linguistiques entre nos deux pays et ce depuis des siècles. Avec mon équipe au CDC nous allons redoubler d’efforts pour que les entreprises françaises abordent les perspectives cambodgiennes sous un angle différent et considèrent le Cambodge comme un tremplin dans le marché ASEAN, notamment grâce à l’AEC 2015 qui va débuter, et non plus comme un simple marché domestique d’une taille moindre comparé à ses voisins immédiats. De nombreux investisseurs étrangers d’autres pays l’ont compris et investissent de plus en plus dans le royaume. Cependant je dois toutefois citer q’un grand groupe français, dirigé par un des entrepreneurs les plus riches de France, M. Éric Duval, a récemment investi plusieurs millions de dollars dans une usine de riz à Battambang et veut se développer tout au long de la chaîne de valeur du riz au Cambodge. Ce groupe, FEDRICE, dirigé par M. Richard Falquerho, de part son implantation illustre bien la confiance que certains groupes Français peuvent accorder au Cambodge et à son potentiel.

Interview extraite du magazine Entreprendre Cambodge n°3
Publication de la Chambre de Commerce Franco-Cambodgienne
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