La situation économique de Dubai vue des Emirats

La Chambre de Commerce Française de Dubaï (le FBC) et la Chambre de Commerce Française de Abou Dhabi (le FBG) apportent leur éclairage sur les derniers évènements économiques de Dubai afin de faciliter la bonne compréhension des faits.

Economie  | 

Communiqué des Chambres de Commerce Françaises aux Emirats Arabes Unis (French Business Council et French Business Group)

La presse et les médias européens et français – grand public et spécialisés – ont communiqué des nouvelles particulièrement alarmistes sur la situation financière de l’Emirat de Dubaï, et des Emirats Arabes Unis en général. En conséquence, le FBC (Dubaï) et le FBG (Abou Dhabi) souhaitent apporter leur éclairage sur ces derniers évènements afin de faciliter la bonne compréhension des faits et assurer une meilleure information de leurs membres et partenaires.

L’annonce la semaine dernière par les autorités de l’Emirat de Dubaï de l’incapacité du conglomérat semi-publique Dubai World d’honorer une partie de sa dette arrivée à échéance a fait couler beaucoup d’encre et de salive en France.

Ceux qui connaissent bien Dubaï, qui y vivent et y travaillent, prennent avec recul les déclarations alarmistes de la presse internationale sur l’avenir de Dubaï. Ils le faisaient déjà jadis avec un certain amusement concernant les commentaires superficiels faits par cette même presse sur les aspects extravagants, voire insolents au goût de certains, du développement de Dubaï. Il ne s’agit pas pour nous ici de nier une réalité. Il convient cependant de relativiser les choses et d’en garder la juste mesure.

Plusieurs éléments doivent en effet être pris en considération pour bien comprendre la situation actuelle de Dubaï. D’abord, le moratoire annoncé et le report des échéances de remboursement jusqu'au 30 mai 2010 au moins visent à une restructuration de la dette. En effet, Les autorités de Dubaï ont déclaré avoir dû « intervenir en raison de la nécessité d’entreprendre une action décisive pour faire face au fardeau de la dette. »

Dans ce contexte, l’Emirat pourra compter sur le soutien de l’Emirat frère d’Abou Dhabi. Faut-il rappeler que Dubaï est l’un des sept Emirats composant l’Union des Emirats Arabes, un Etat à structure fédérale. L’autre Emirats où siège la capitale de l’union est Abou Dhabi, l’un des Emirats les plus riches en ressources pétrolières et donc en revenus. Abou Dhabi détient également des fonds souverains, avec une capacité financière non négligeables. On peut difficilement imaginer qu’Abu Dhabi ne vienne pas à la rescousse de Dubaï pour couvrir en partie les dettes. D’abord parce qu’il en va de la solidarité nationale et de l’image même des Émirats.

Et outre, parce que le volume des investissements effectués par Abu Dhabi -fonds publics et privés confondus - à Dubaï est très important. Dubaï a déjà fait l'objet d'un sauvetage de 10 milliards de dollars de la part de l'Emirat d'Abou Dhabi. De plus, il y a quelques jours à peine, les principales banques d’Abou Dhabi ont souscrit une tranche de 5 milliards de $US d’obligations et bons de trésor au profit de l’Emirat de Dubaï. Il faut préciser que le montant totale des dettes de l’Emirat de Dubaï qui dépasse aujourd’hui les 80 milliards de $US et soulève légitimement des inquiétudes, ne représente qu’environ 15% de la valeur des fonds souverains détenus par Abou Dhabi. A titre de comparaison, ce montant est l’équivalent de 60% de ce que la réserve Fédérale américaine à déboursé pour le seul sauvetage d’AIG.

Ensuite, il faut savoir que l’économie de Dubaï ne se réduit pas aux secteurs qui sont aujourd’hui en crise (principalement le secteur de la construction) et l’Émirat a réussi à fonder de solides leviers économiques. En effet, au milieu de tous les clichés autour des projets immobiliers et des services financiers, Dubaï a réussi progressivement à s’ériger comme une place forte du commerce international. De plus, Dubaï est devenu un hub logistique et financier régional, où les entreprises opérant sur l’ensemble de la région se sont installées, profitant ainsi des infrastructures et des voies de communications des plus modernes et de qualités (télécommunications, aéroport, port, lignes aériennes, réseau routier …), sans compter sur une liberté sociale à un degré rarement atteint dans les Etats de la régions ou dans les pays islamiques.

En conclusion, même si il est tout a fait exact que la crise mondiale n’a pas épargné Dubaï, on peut raisonnablement penser que pour les raisons qui viennent d’être évoquées, une défaillance de Dubai World, qui entrainerait une défaillance de Dubaï d’une manière générale, paraît difficilement imaginable. Pour information, le FBC et le FBG travaillent conjointement sur un baromètre du climat des affaires sur la zone du Moyen-Orient et plus spécifiquement sur les Émirats en interrogeant directement leurs membres sur ces sujets. Les résultats de cette étude de terrain vous seront communiqués en début d’année 2010.

French Business Council
Henri Zoleyn, Président
Patrice Douce, Trésorier

French Business Group
Jean-Pierre Giraud, Président

En complément télécharger l'article : "La « faillite » de Dubaï, de quoi s’agit-il ?"
de Mr Noury Boualem, Responsable du Développement International de la CCI de Limoges
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