Hong Kong : La mixité au sein des conseils d’administration améliore les résultats des entreprises

Les femmes représentent la moitié de la population mondiale, pourtant, très peu d'entre elles accèdent aux postes de direction dans les entreprises. Elles représentent 11% des membres des CA en France, 12.5% au Royaume-Uni et ces chiffres sont plus modestes encore en Asie, avec par exemple 9% à Hong Kong.

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Les femmes représentent la moitié de la population mondiale, pourtant, très peu d’entre elles accèdent aux postes de direction dans les entreprises. Elles représentent 11% des membres des CA en France, 12.5% au Royaume-Uni et ces chiffres sont plus modestes encore en Asie, avec par exemple 9% à Hong Kong.

Les chiffres ne l’indiquent pas, mais les enquêtes démontrent depuis des années que les entreprises bénéficient d’une certaine mixité au sein de leur conseil d’administration. Le rapport McKinsey “Women Matter 2010” confirme que les entreprises qui ont un plus grand nombre de femmes dans les fonctions de direction sont plus performantes.

On observe une différence de rentabilité des capitaux employés de plus de 41% dans les entreprises qui ont une plus forte représentation de femmes dans leurs comités de direction et, en termes de résultats d’exploitation, elles dépassent de 56% le groupe des entreprises non mixtes. Pour cette enquête, McKinsey a interrogé 1 500 directeurs dans le monde, tous secteurs confondus, des middle managers aux PDG.

Comme le soulignent les recommandations du FTSE 100, il ne s’agit pas seulement de chiffres mais de l’enrichissement des équipes de direction en général. Une plus grande mixité apporte une variété de compétences, de perspectives, d’expériences, de milieux et de styles de vie différents, qui permettent d’appréhender les problèmes de manière plus globale, avec un souci du détail qui manque souvent aux comités uniquement masculins. Ces derniers tendent en effet à penser de la même manière et prennent parfois des décisions peu judicieuses.

Futurs problèmes

Le problème majeur identifié par le rapport FTSE 100 au Royaume-Uni et le rapport McKinsey est que moins de femmes que d’hommes accèdent aux instances dirigeantes des entreprises, en dépit de la théorie qui veut que le nombre croissant de femmes diplômées comble ce déficit à l’avenir. Cette croissance a un impact marginal sur la représentation des femmes dans les CA et on est confronté à une véritable pénurie de talents féminins. Les femmes ont tendance à disparaître de l’échelle hiérarchique, à mi-chemin entre les cadres et les dirigeants. Elles ne parviennent pas au sommet contrairement à leurs homologues masculins. Le problème se trouve dans l’ « offre », c'est-à-dire que plus on s’élève dans la hiérarchie d’une entreprise, plus le pipeline s’assèche, en termes de représentation des femmes. Le deuxième problème est la « demande ». Il existe en effet un grand nombre de femmes tout à fait capables de remplir les fonctions de dirigeants, qui n’en ont tout simplement pas l’occasion.

Le rapport McKinsey a identifié deux freins principaux à l’avancement professionnel des femmes. Le premier est le syndrome du double fardeau, c’est à dire la combinaison du travail et des tâches domestiques, qui est doublement difficile à concilier avec le deuxième frein : le modèle qui fait rimer leadership avec disponibilité à toute épreuve, « anytime, anywhere », et grande mobilité géographique. Les femmes, d’autre part, identifient un troisième frein important à leur avancement : leur propre réticence à se promouvoir.

 

Stratégies pour vaincre ces obstacles

Selon les plus de 1 500 personnes interrogées dans le cadre de cette enquête, la mixité figure parmi les 10 premières priorités stratégiques de 28% des entreprises. Malheureusement, pour 33% des entreprises, ce sujet n’est même pas à l’ordre du jour.

Un écosystème mixte doit se présenter comme un projet d’entreprise à part entière, porté par la direction générale. Les mesures les plus efficaces pour renforcer la mixité aux niveaux hiérarchiques les plus hauts sont l’implication personnelle du PDG et les programmes de développement féminins.

1. Un engagement visible du PDG et de l’équipe dirigeante qui doivent suivre de près les programmes de mixité et leurs progrès2. Des programmes dédiés à renforcer le leadership des femmes 3. L’encouragement des programmes de parrainage par un mentor

 

Le problème : les mentalités

L’augmentation de la représentation des femmes au sein des CA est performante en termes de rentabilité des capitaux et de bénéfices, ainsi qu’en termes de direction. Mais toutes les corporations sont résistantes au changement. Afin de changer d’orientation, les entreprises doivent décider d’une politique de la mixité et s’y tenir, afin de conseiller et de pousser les forts potentiels féminins en avant. Une entreprise doit décider d’instaurer un mouvement positif – la direction doit faire le choix proactif de lever les obstacles qui empêchent les femmes d’accéder au sommet.

 

Le rapport du FTSE 100 dégage quatre bonnes pratiques pour le développement de la mixité :

-L’amélioration de la performance : l’homogénéité du conseil d’administration entraînera une « pensée de groupe ». Les femmes apportent une voix nouvelle. Les études démontrent que 3 femmes sont nécessaires pour que la dynamique d’un conseil change. La présence de 30% de femmes ou plus dans les postes de direction produit les meilleurs résultats financiers. Une enquête menée par l’école de commerce de l’université de Leeds a démontré que la présence d’au moins une femme dans les instances de direction d’une entreprise semblerait réduire son risque de faillite de 20% et que la présence de deux ou trois femmes dans des postes de direction réduirait encore ce risque.-L’accès au vivier de talents. Les femmes représentent maintenant, dans le monde entier, la nouvelle majorité dans le vivier des talents hautement qualifiés.-Une meilleure réactivité au marché. La présence de femmes aux postes de direction, qui constituent dans bien des cas les utilisateurs et les consommateurs des produits de l’entreprise, peut améliorer la compréhension des besoins de l’acheteur.-Une amélioration de la gouvernance d’entreprise

<img1203|left>Article issu de Hong Kong Echo, Publication de la Chambre de Commerce et d’Industrie Française à Hong Kong

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